Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en mars leur plus haut niveau depuis septembre et devraient continuer à augmenter si la guerre au Moyen-Orient, qui a déclenché une flambée des cours de l'énergie, venait à se prolonger, a averti vendredi l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
"Les hausses de prix depuis le début du conflit ont été modérées, principalement dues à la hausse des prix du pétrole et amorties par l'abondance des stocks mondiaux de céréales", a déclaré dans un communiqué Maximo Torero, chef économiste de la FAO.
Toutefois, si le conflit se prolonge au-delà de 40 jours et que les coûts de production restent élevés, les agriculteurs pourraient être contraints de réduire leurs intrants et leurs semis, ou bien d'opter pour des cultures nécessitant moins d'engrais, a-t-il dit.
"Ces choix auront un impact sur les rendements futurs et influenceront notre approvisionnement alimentaire ainsi que les prix des matières premières pour le reste de cette année et toute l'année prochaine", a souligné Maximo Torero.
L'indice des prix alimentaires de la FAO, qui mesure les variations d'un panier de produits alimentaires négociés à l'échelle mondiale, a augmenté de 2,4% le mois dernier par rapport à février.
Il se situe 1% au-dessus de son niveau d'il y a un an, bien qu'il soit inférieur de près de 20% à son pic de mars 2022, atteint dans le sillage de la guerre en Ukraine, un acteur clé de la production céréalière.
L'indice des prix des céréales a par ailleurs augmenté de 1,5% en mars par rapport au mois précédent, sous l'effet d'une progression de 4,3% des prix internationaux du blé, due à la détérioration des perspectives de récolte aux États-Unis et aux prévisions d'une baisse des semis en Australie en raison de la hausse des coûts des engrais.
Les prix du sucre ont quant à eux bondi de 7,2% pour s'établir à leur plus haut niveau depuis octobre 2025, la flambée des cours du pétrole ayant alimenté les anticipations que le Brésil, premier exportateur mondial, ne consacre une plus grande partie de sa production de canne à sucre à l'éthanol.
(Reportage Sybille de La Hamaide, version française Diana Mandia)

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